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Les automatismes en haltérophilie

Les automatismes en haltérophilie

Un automatisme ça se crée. Pour le créer, il faut aller à l’origine du problème, l’isoler, pour une fois à la source, modifier et ré-apprendre au corps la bonne exécution. Il faut évidemment trouver les actions qui seront bénéfiques à la nouvelle exécution avant d’entrer dans le processus d’assimilation. Bien souvent il faut travailler avec l’instinct du pratiquant, le mouvement doit aller vers un aspect naturel et compréhensible afin d’être mieux assimilé puis automatisé.

Dans l’haltérophilie pur comme dans sa pratique au sein du CrossFit, l’échec est perçu simplement par une barre qui retombe au sol prématurément. À haut niveau, c’est bien souvent la puissance qui définie la limite et donc cet échec alors qu’aux niveaux inférieurs, la limite est bien plus souvent technique. Une barre qui retombe au sol aura un aspect similaire pour tous alors que la cause, elle, va constamment varier.

Prenons un exemple :
Imaginons un pratiquant soulevant plus lourd en « power snatch / arraché debout » qu’en « squat snatch/ arraché flexion » alors que son amplitude articulaire lui permet d’être en sécurité dans une position de « OHS (overhead squat) / squat d’arraché ».
Le problème sera certainement qu’il n’a prit aucun repère dans cette position de squat snatch. Il devra donc créer ses repères à charge légère et sans dynamique de mouvement dans un premier temps. Ces repères peuvent être, où se situe la barre au moment de chuter, comment seront placés pieds et mains pour qu’il soit à l’aise dans son squat, quel sera l’action ou l’intention de ses bras, faire monter la barre et/ou faire chuter son corps ? Il faut découper, comprendre et trouver un aspect logique dans sa pratique.

1-Recherche dans un mouvement sans dynamique : quels seront les placements optimaux dans la position basse d’un OHS, il faut essayer une multitude de placements différents pour être certain de trouver le bon. Aisance + sécurité = efficacité sans danger.

2-Valider et enregistrer dans un mouvement sans dynamique : Le travail yeux fermés est très précieux dans tous les domaines sportifs dont l’haltérophilie, où le corps doit se centrer sur lui même. Avec les yeux fermés on va forcer le corps à accélérer son processus d’enregistrement des placements puis des automatismes. Ce processus yeux fermés peut être répété à chaque phase ci dessous.

3-Intégrer une dynamique simple et commencer à créer un automatisme : un « no dip snatch / passage d’arraché » par exemple qui aura une charge très légère, maximum 30% de la RM snatch. Cet exercice aura plusieurs consignes selon les points à corriger. Cela peut être le contrôle de la hauteur de barre, à quel moment le pratiquant va t-il chuter, on pourra accentuer sur le travail de l’anticipation du placement en position de squat durant la chute et enfin travailler la vitesse de ses bras. Chaque consigne d’action devra à moyen terme faire un tout qui fera ressortir l’efficacité du geste dans son adaptation.

4-Créer l’automatisme dans une dynamique intermédiaire : « hang squat snatch / arraché départ suspension haute », lorsque les consignes d’actions sont assimilés à l’exercice précédent (item 3) et font un tout, l’automatisme peut commencer à être travaillé dans une dynamique plus poussée, il faut compter à minima une centaine de répétition par semaine durant deux à 4 semaines selon le pratiquant pour commencer à développer la reproductibilité du geste, Idem pour chaque item de cet article. Les charges de travail devront être inférieurs à 65% dans les item 4 et 5, ce pourcentage de travail doit être progressif il faut aller vers une progressivité logique de charge en rapport avec l’item précédent.

5- Créer l’automatisme dans une dynamique complex : « Squat snatch / arraché en flexion », dans chaque nouvel item, le tout de départ qui permet de valider la réception en squat snatch de façon stable efficace et sécuritaire doit être conservé sans s’éparpiller vers d’autres éléments parasites qui sont bien souvent inhabituels et éphémères.
C’est donc un travail de plusieurs semaines avec un investissement personnel certain dans la pratique pour que la technique s’améliore et que les bons automatismes prennent enfin leur place. Pour valider ces 5 items il faut compter en moyenne 12 semaines.

Construire sa technique prend du temps, de la réflexion et nécessite un accompagnement.

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